
Quand on cherche à connaître la rémunération d’une figure du PAF comme Apolline de Malherbe, on tombe sur des dizaines de pages affichant des montants très précis. Le problème, c’est qu’aucun de ces chiffres n’est confirmé par une source primaire identifiable : ni BFMTV, ni RMC, ni la journaliste elle-même n’ont jamais validé publiquement un montant.
Salaire d’Apolline de Malherbe : pourquoi aucun chiffre fiable ne circule
On trouve sur le web des fourchettes allant de quelques centaines de milliers d’euros annuels à des estimations bien plus élevées. Ces montants reposent sur des estimations éditoriales sans méthode de calcul transparente. Aucune grille salariale du groupe n’a fuité, aucun contrat n’a été rendu public.
La seule déclaration directe d’Apolline de Malherbe sur le sujet concerne l’écart avec son prédécesseur. Elle a publiquement indiqué que son salaire était inférieur à celui de Jean-Jacques Bourdin, qu’elle a remplacé aux commandes de la matinale sur RMC et BFMTV. Cette déclaration la « désolait », selon ses propres termes rapportés par plusieurs médias.
En creusant la question du salaire et fortune d’Apolline de Malherbe, on constate que les sites qui avancent des chiffres ronds ne citent jamais leur source primaire. On reste dans le domaine de la spéculation, pas de l’enquête documentée.

Écart de rémunération avec Jean-Jacques Bourdin : ce qu’on sait vraiment
Le seul repère concret, c’est cette comparaison avec Bourdin. Apolline de Malherbe a repris la tranche matinale, l’une des plus exposées du paysage audiovisuel français. Elle a confirmé gagner moins que lui pour un poste équivalent.
Ce cas illustre un phénomène documenté dans l’audiovisuel : les successeurs héritent rarement des conditions salariales de leurs prédécesseurs. Les renégociations se font souvent à la baisse, surtout quand le remplaçant dispose d’une notoriété alors moindre que le titulaire sortant.
Jean-Jacques Bourdin était une figure installée depuis des années sur cette tranche horaire stratégique. Apolline de Malherbe, malgré une carrière déjà solide dans le journalisme politique, arrivait avec un profil différent. Les retours varient sur ce point, mais plusieurs observateurs du secteur estiment que l’écart de rémunération entre présentateurs et présentatrices reste courant dans les grands groupes médias français.
Fortune et patrimoine familial : une confusion récurrente
Beaucoup d’articles évoquant la « fortune » d’Apolline de Malherbe mélangent deux réalités distinctes. D’un côté, ses revenus professionnels issus de son activité journalistique. De l’autre, le patrimoine familial, notamment le château de Poncé, propriété de ses parents dans la Sarthe.
Patrimoine familial et patrimoine personnel sont deux choses différentes. Le fait que la journaliste soit issue d’une famille possédant un bien immobilier remarquable ne dit rien de ses actifs propres, de son épargne ou de ses investissements personnels.
Cette confusion alimente pourtant la majorité des estimations de « fortune nette » qu’on retrouve en ligne. Les sites qui agrègent ces données additionnent des éléments qui n’ont aucune raison d’être cumulés :
- Le patrimoine immobilier familial (château de Poncé), qui appartient à ses parents et non à la journaliste elle-même
- Des estimations de salaire annuel extrapolées sans source, multipliées par un nombre d’années arbitraire
- Des revenus supposés liés à des activités annexes (conférences, publications) sans aucune preuve de leur existence
Le résultat donne des chiffres impressionnants mais totalement fictifs. Aucun journaliste d’investigation n’a publié d’enquête patrimoniale sérieuse sur Apolline de Malherbe.

Rémunération des journalistes politiques sur BFMTV et RMC : un secteur opaque
L’opacité autour du salaire d’Apolline de Malherbe n’est pas un cas isolé. Les rémunérations des présentateurs en France ne sont pas publiques, contrairement à ce qui se pratique dans certains pays comme le Royaume-Uni, où la BBC publie les salaires de ses stars dépassant un certain seuil.
En France, les seules obligations de transparence concernent les dirigeants de l’audiovisuel public. Pour les chaînes privées du groupe Altice (devenu depuis partie du paysage médiatique restructuré), aucune publication n’est requise. Les informations qui circulent proviennent de trois sources :
- Des déclarations ponctuelles des intéressés eux-mêmes, comme celle d’Apolline de Malherbe comparant sa situation à celle de Bourdin
- Des fuites internes non vérifiables, souvent relayées par la presse people
- Des extrapolations basées sur les grilles conventionnelles du journalisme, qui ne reflètent pas les négociations individuelles des présentateurs vedettes
Ce manque de données fiables crée un terreau fertile pour les contenus clickbait. Les articles titrant sur la « fortune » de tel ou tel présentateur remplissent un vide informationnel avec des estimations invérifiables.
Ce que révèle la fascination pour les salaires des journalistes
La curiosité du public pour la rémunération d’Apolline de Malherbe s’inscrit dans une tendance plus large. Les requêtes Google associant « salaire » ou « fortune » au nom d’un journaliste politique génèrent un trafic considérable.
Cette fascination tient en partie au paradoxe perçu : des journalistes qui interrogent quotidiennement les responsables politiques sur les inégalités ou le pouvoir d’achat, tout en appartenant eux-mêmes à une catégorie socioprofessionnelle privilégiée. Le contraste entre le discours et la situation personnelle nourrit la curiosité.
Apolline de Malherbe anime une émission politique quotidienne en face-à-face avec des responsables de premier plan. Ce positionnement éditorial, combiné à une exposition médiatique forte sur les réseaux sociaux, amplifie naturellement l’intérêt pour sa situation financière personnelle. Mais entre la curiosité légitime et les réponses disponibles, le fossé reste entier. Tant qu’aucune obligation de transparence ne s’appliquera aux chaînes privées françaises, les chiffres resteront ce qu’ils sont : des suppositions habillées en certitudes.